Lire aussi

  • D3 A, 4è journée

  • D3 A, 3è journée

  • D3 A, 1è journée

  • Dates départementales

  • Accueil > Archives > 2012/2013 > D3 A, 2è journée

    D3 A, 2è journée
    D3 A, 2è journée

    La journée des Bisounours

    vendredi 7 décembre 2012, par Joss

    Aaah c’est beau l’entraînement et la motivation. "Cette année je fais des entraînements de dingue, je vais à toutes les séances de la semaine pour progresser et ramener des points à l’équipe et PAF je me blesse ou PAF je tombe malade !". Non par pitié, arrêtez d’être motivé-es, ça n’apporte que des ennuis. Donc les deux motivées de la journée sont Anne avec une contracture et une rhinogorgiolite, c’est quand t’as le nez qui coule et mal à la gorge, et Elise qui a pareil sauf la contracture mais avec de la fièvre en sus. Marie va bien, merci. Pour ce qui concerne les gars, Dominique, Jérôme, Edern et Jocelyn fidèles et vaillants au poste, avec deux nouvelles recrues Julien et Nicolas. Nicolas c’est le pur bleu-bite : c’est sa première compétition, bien qu’il soit membre du club depuis plusieurs années ; quant à Julien, c’est un peu différent, il a longtemps été notre adversaire lorsqu’il faisait les joies du club de Saint-Etienne-au-Mont, et puis il a évolué en D1 l’année dernière. Cette année nous sommes très contents d’accueillir un vrai spécialiste du double (comment ça un feignant qui ne veut plus faire de simples ?) au sein des Jardins d’Automne.


    La salle d’Ecault de Saint-Etienne, c’est tout un poème, voire un roman et peut-être qu’en tirant un peu on peut en faire une série en six volumes. Les malveillants qui critiquent les tracés de la salle Gayole, devraient se déplacer un peu à Ecault pour comparer ! Le béton, les bosses, les couleurs au sol, le soleil en pleine tronche, le froid glacial, aah, la salle d’Ecault, c’est une salle de guerrières-ers, que dis-je, une salle de survivants-es. Si le film Hunger Games [1] avait été tourné à Ecault, la séance aurait duré un quart d’heure. La salle est un défi en soi, mais le vrai problème c’est l’adversaire.

     Saint-Etienne 3 : devant son public

    D’accord, c’est pas le chaudron de la ville éponyme, okay il n’y a pas un rat dans les gradins, c’est vrai que Boulogne est à un jet de pierre, n’empêche que les stéphanois sont chez eux et psychologiquement ça influe sur le comportement de Marie. Elle s’effondre dans le premier set qu’elle dispute cette saison, toutes compétitions confondues. Heureusement son Tupperware vert est rempli de roses des sables et de saucisson au chocolat. Rââh le cruel dilemne, le supplice de tantale, lequel est le meilleur ? A ma droite le croustillant, le chocolat noir, à ma gauche la tendreté ferme, l’incrustation de chamallows imitant le gras blanchâtre du saucisson sec, je ne sais que dire, je vais en reprendre deux de chaque. Le temps de les engloutir, Marie perd le second set avec tout de même plus de combativité.

    En l’absence de Marc parti briller en D1, Edern est promu joueur numéro 1 et il déroule l’animal malgré une nuit de 5h30. Toujours aussi agaçant tant pour ses supporteurs que pour ses détracteurs, l’Edern concède toutefois le gain du premier set à son adversaire pour la première fois cette saison. Cette alerte ne le déstabilise pourtant pas dans la conquête des deux suivants.

    En tant que joueur 2, j’affronte un gars super sympa avec ma nouvelle tactique, eh oui je mets au point des tactiques, hé hé hé. Futur adversaire, arrête immédiatement de lire ! Je joue comme si j’avais un gaucher en face. En fait la plupart des simples, je les joue contre Edern qui est gaucher. J’ai mis un an à adapter mon jeu pour espérer le battre, c’est pas maintenant que je vais en changer. Et bin ça marche ! Le droitier n’a pas l’habitude qu’on l’attaque à droite, certains sont même plus forts en défense de revers que de coup droit. Et c’est pratiquement comme ça que je remporte le premier set. Ensuite j’abaisse ma conviction psychologique de victoire à 18 dans le second set. Dois-je vraiment expliquer ce qu’est une conviction psychologique de victoire, la CPV qu’on appelle aussi point de chambrage ? Futur adversaire, continue d’arrêter immédiatement de lire ! En gros dans l’exemple qui nous concerne, quand tu parviens à 18, tu ne peux psychologiquement plus perdre, et quand tu ne peux plus perdre, eh bin tu gagnes. Et gagner c’est bien mais gagner et chambrer c’est juste merveilleux. Nous arrivons tous les deux à 18, il me mène 20 à 19, MAIS il n’a pas dû abaisser suffisamment sa conviction psychologique de victoire, vu qu’il claque son volant de set dans le filet. Le badminton c’est simple quand on a l’esprit alambiqué.

    L’adversaire de Nico est celui sur lequel Jérôme avait pris le meilleur à l’issue d’un match dantesque l’année dernière. Un gars dont on peut affirmer qu’il est l’unique détenteur du coup à deux mains du badminton. Au début je penchais pour un revers, mais pour l’avoir étudié attentivement, je dirais défense de coup droit. Nico nous fait l’erreur classique du bleu-bite : être tétanisé par l’enjeu. Ce solide gaillard d’un mètre quatre-vingt quinze pas loin du quintal à vue de nez, avec un bras devant lequel les génisses se pâment, oublie se s’en servir à pleine puissance. Du coup il est battu en deux sets par l’Edern stéphanois.

    JPEG - 136.7 ko

    Anne et Dominique suivent peu après. Anne nous a concocté une magnifique tarte à la mirabelle, lorraine jusqu’à la pâte brisée. Et bien je vous avouerai qu’un peu de fruits ça fait du bien. Ah si ! Halte au chocolat roi dans les pâtisseries. En plus la tarte est équilibrée, ni trop sucrée ni trop aigre, point trop juteuse, on peut la manger à la main si on est rapide, même si Anne a délicatement ramené assiettes en carton et couteau. Anne est sur la bonne voie. En revanche c’est moins ragoûtant en double mixte avec Dominique, même si ce dernier n’est pas exempt de tout reproche. Nous sommes menés 3 à 2 au moment où s’amorce notre double homme.

    JPEG - 156.8 ko

    Deux purs spécialistes de double, qui ont fait trembler les salles de sport dans tout le département, sont pour la première fois réunis sous la même bannière, Julien et Jérôme, les JuJé, mais pas condamnés (ok je sors). Ils entament leur match tel un diesel antique un jour de plein hiver, et pourtant ils se connaissent : ils ont fait un match ensemble à l’entraînement l’avant-veille. Ils prennent une claque dans ce premier set de réglage, mais ils ne tendent pas l’autre joue. Et grâce à une combativité, des cris et quelques arrangements avec la réalité hors du commun, ils arrachent non seulement le droit de jouer un troisième set mais aussi celui de le remporter sur le fil grâce aux qualités sus-citées. Enorme un nouveau double homme est né.

    On se satisfait de ce résultat nul dans le premier derby de la saison face à une équipe ma foi tout à fait sympathique, bien loin de l’image de bêtes féroces obligées de signer une charte pour s’entraîner. Perso je suis disqualifié dès l’article deux sur les insultes et les moqueries. Avec une charte pareille comment fait-on pour gérer le point de chambrage ?

     Verton 2 : la puissance au féminin

    Edern me tanne pour ne plus être numéro 1 (avec une attitude pareille, il ne sera jamais président de l’UMP), alors je lui fais le coup du "c’est écrit au stylo-bille je ne peux plus changer". Quelque part il n’a pas tort car il accuse sa première défaite et en deux sets secs. Son adversaire reconnaît néanmoins son courage avec des mots simples mais honnêtes : "T’es une vraie mobylette toi !".

    Toujours en simple 2 je tombe sur un… gaucher ! Même pas besoin de changer de tactique, je déroule tranquille avec une précision diabolique en deux sets. Et Dominique nous prouve encore qu’il est un redoutable joueur de simple puisqu’il croque son adversaire en deux petits sets ne lui laissant pas marquer au dessus de huit points par set.

    En revanche pour Anne notre malade numéro 1, le simple est un calvaire, je reprendrais bien un peu de tarte à la mirabelle. En face d’elle il y a une jeune ogresse ancienne C en junior qui ne lui laisse aucune chance. En plus Anne demande des conseils ! Mis à part casse-lui les deux jambes avec une batte de base-ball - de préférence en alu, c’est plus maniable et ça rend un joli son - nulle aide ne lui est apportée. Il ne faut pas confondre capitaine et entraîneur, que diable ! Sinon on court droit à l’anarchie.

    JPEG - 130.8 ko

    Devant la puissance de feu féminine vertonoise, je casse le double homme, et met notre spécialiste de double ex-stéphanois Julien avec Elise notre malade numéro 2, alors que Jérôme prend sous son aile notre infortuné bleu-bite Nicolas. Ces derniers rendent la copie parfaite d’un match très maîtrisé avec à une combativité, des cris et quelques arrangements avec la réalité. Et c’est à ce moment qu’on se rend compte que s’arranger avec la réalité est la base du jeu de Jérôme, avec les cris et la combativité. Nicolas remporte une victoire dès sa première prestation en compétition, ce qui est à souligner ! Si ça se trouve ça ne se reproduira pas avant longtemps.

    Julien notre spécialiste du double vient épauler Elise dans la lutte pour les points de la victoire. Mais si notre double fait illusion dans le premier set, nos espoirs s’évanouissent plus vite que de l’intelligence devant une caméra de télévision. Ah bravo le spécialiste !

    Nous enregistrons encore un nul face à des adversaires encore très sympathiques. Il nous manque un double mixte hyper solide pour pouvoir faire la différence.

     Verton 1 : Jardins d'Automne vs les Clés de Saint-Pierre

    Edern comprend enfin le coup du stylo-bille et s’impose en joueur 2. Que n’a-t’-il pas fait en contrariant l’ordre établi tel Ulysse enfonçant son pieu violemment dans l’œil du cyclope ? Aah oui il remporte son match et facilement qui plus est, mais à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. Il entraîne donc par son geste funeste toute l’équipe dans une odyssée fatale.

    Je reprends les oripeaux de joueur 1 bien malgré moi, mais mon adversaire est roué : il est trop sympathique, il sourit tout le temps. J’ai beau m’efforcer de le haïr, faire résonner dans mon crâne des chants de guerre propres à galvaniser des marmottes sous lexomil, le goût du sang ne veut point s’emparer de mon âme. Le sourire vertonnois remporte le match en trois sets.

    JPEG - 143.8 ko

    Si Dominique fait partie des Jardins d’Automne son adversaire du jour est un pilier de la pension Les Clés de Saint-Pierre. Et il en joue plus qu’habilement le bougre, tous les deux points il simule une apoplexie, un arrêt cardiaque, un italien dans une surface de réparation, et même une Marion Cotillard dans un Batman. Le résultat est que Dominique qui est trop gentil avec la veuve et l’orphelin ne sent pas approcher la défaite en trois sets. Aaah Edern que n’as-tu pas provoqué la colère des Dieux !

    Elise est entraînée à son tour du côté de Charybde dans le premier set où elle prend une purge et Scylla dans le second où elle surnage un instant avant d’être anéantie. Aaah Edern pourquoi t’es-tu opposé à la volonté divine ? Dans le mixte Marie et Nicolas sont opposés à Charydbe, Scylla et le sourire vertonnois dont la spécialité avérée est le double mixte. Inutile de commenter plus avant, la messe est dite quasiment à l’échauffement. Nous perdons la rencontre. Nicolas écrase discrètement une larme.

    Cette nouvelle défaite intervient au moment où nos deux spécialistes du double reformés pour l’occasion nous donnent une magnifique leçon de courage en égalisant à un set partout contre les deux ultra vétérans 4, 5 voire plus si affinité. Le manque d’enjeu plombe Jérôme et Julien qui s’efforcent alors de remporter chacun leur tour la palme du point le plus foiré. Ils s’inclinent piteusement à leur tour.

    Aaah Edern tu as réveillé le tilt du grand flipper cosmique, et si tu as bénéficié égoïstement de l’extraball, tu as empêché l’équipe de claquer la spéciale. En tout cas au VOC on est vachement fort en joueur 2. Cette défaite lourde sur le papier aurait pu tout aussi bien se transformer en nul. Et la faute à qui ?

     Pour conclure

    Chaque année il faut se motiver quatre dimanche, se lever à pas d’heure pour aller parfois à l’autre bout du département, se battre comme des chiffonniers pour motiver les troupes, trouver des filles sans se les faire piquer éhontément, et se dire parfois à quoi bon cette folle dépense d’énergie ? Et puis il y a des moments de grâce comme cette journée quasiment parfaite. Des partenaires solides, des adversaires sympathiques, un excellent esprit et même le Prez qui est passé nous voir (j’ai l’intuition qu’il reviendra, pas tant pour admirer nos performances que pour le contenu du tupperware). Il ne nous a manqué que la victoire pour prolonger cette journée dans le monde des Bisounours.

     Voyons ce que donnent les chiffres

    Deux nuls, une défaite.

    En détail (les victoires du VOC sont en gras) :

    Boulogne 3/3 Divion
    Jean-Edern CHARTIER 21/18 - 12/21 - 21/18
    Jocelyn KOLASA 21/16 - 22/20
    Nicolas DHUIÈGE 15/21 - 17/21
    Marie-Laure HUMBLOT 4/21 - 18/21
    Anne C./Dominique D. 17/21 - 18/21
    Julien B./Jérôme T. 11/21 - 21/18 - 23/21
    Boulogne 3/3 Verton 2
    Jean-Edern CHARTIER 17/21 - 14/21
    Jocelyn KOLASA 21/12 - 21/16
    Dominique DECOUT 21/5 - 21/8
    Anne COLON 6/21 - 8/21
    Elise P./Julien B. 15/21 - 7/21
    Nicolas D./Jérôme T. 21/17 - 21/17
    Boulogne 1/5 Calonne
    Jocelyn KOLASA 18/21 - 21/19 - 16/21
    Jean-Edern CHARTIER 21/12 - 21/12
    Dominique DECOUT 21/14 - 15/21 - 17/21
    Elise PANNEQUIN 6/21 - 16/21
    Marie-Laure H./Nicolas D. 9/21 - 11/21
    Julien B./Jérôme T. 18/21 - 22/20 - 13/21

    [1Film américain tiré d’un bouquin : à la fois sanction contre la population pour s’être rebellée et stratégie d’intimidation de la part du gouvernement, les Hunger Games sont un événement télévisé national au cours duquel les tributs doivent s’affronter jusqu’à la mort. L’unique survivant est déclaré vainqueur.